À la rentrée 2026, la franchise reste une porte d’entrée solide vers l’entrepreneuriat. En 2025, le modèle a généré 93,71 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 4,9 %, soit près du double de la croissance de l’économie française. Mais tous les secteurs ne se valent pas. Certains tirent le marché vers le haut, quand d’autres reculent nettement. Ce tour d’horizon fait le point sur les domaines les plus porteurs, avec les repères utiles avant de choisir son réseau.


Un modèle qui résiste mieux que l’économie

En 2025, la franchise a confirmé sa solidité. Son chiffre d’affaires progresse de 4,9 %, quand le produit intérieur brut français plafonne à 0,9 %. Le réseau compte désormais 93 395 points de vente, en hausse de 2,9 %.

Le nombre d’emplois franchit pour la première fois le cap du million, directs comme indirects. Seul le nombre de réseaux recule, à 2 035 enseignes, soit 54 de moins qu’en 2024.

Ce contraste résume bien l’année. Les enseignes fragiles disparaissent, quand les réseaux installés se renforcent. Pour un candidat, le message est clair. Le choix du secteur compte autant que celui de la marque.

L’alimentaire et la restauration rapide, moteurs du marché

Deux secteurs dominent nettement. L’alimentaire pèse 31,66 milliards d’euros, soit près de 34 % du chiffre d’affaires total de la franchise. Il reste porté par les formats de proximité, que la grande distribution convertit massivement en franchise depuis deux ans.

La restauration rapide suit, avec 11,36 milliards d’euros, environ 12 % du marché. Elle rassemble près de 9 500 points de vente. Sa croissance tient à la multiplication de concepts abordables, adaptés à la vente à emporter comme à la livraison.

Ces deux moteurs ont un revers. Les tickets d’entrée y sont élevés. Comptez environ 80 000 euros d’apport personnel dans l’alimentaire, souvent 150 000 euros en restauration rapide. Le potentiel de chiffre d’affaires est fort, l’investissement de départ aussi.

Les services à la personne, portés par le vieillissement

C’est le secteur qui monte. Les services aux personnes affichent la plus forte progression du nombre de points de vente en franchise, à hauteur de 6 % en 2025. Le moteur est démographique. La France gagne environ 240 000 personnes de plus de 75 ans chaque année.

L’aide à domicile comme la garde d’enfants répondent à des besoins durables, peu sensibles aux crises. Autre atout pour un primo-accédant, l’apport demandé reste accessible. Il tourne souvent autour de 25 000 euros, loin des montants exigés dans l’alimentaire.

Un point de vigilance existe toutefois. Ces activités sont réglementées, avec des agréments parfois obligatoires. Surtout, le gouvernement a évoqué une révision du crédit d’impôt sur les services à la personne. Ce dispositif soutient aujourd’hui une large partie de la demande.

Le bâtiment et l’hôtellerie parmi les plus fortes progressions

Au-delà des poids lourds, plusieurs secteurs de taille plus modeste signent de fortes hausses de chiffre d’affaires. Le bâtiment profite de la demande en rénovation, notamment énergétique. L’hôtellerie figure aussi parmi les meilleures progressions de l’année, portée par la conversion de réseaux en franchise.

La formation avance également vite, même si elle reste petite en volume. Ces secteurs partagent une logique commune. Ils répondent à des besoins soutenus par la réglementation ou par les politiques publiques, ce qui sécurise en partie l’activité.

Les commerces divers progressent aussi, avec une hausse supérieure à 10 %. On y trouve notamment la fleuristerie ou l’achat-revente d’occasion. La seconde main, en particulier, capte une demande de consommateurs attentifs à leur budget.

Les secteurs sous tension

Tous les voyants ne sont pas au vert. L’équipement de la personne, c’est-à-dire surtout le prêt-à-porter et la chaussure, traverse une crise sévère. Ce secteur concentre à lui seul la moitié des défaillances de réseaux enregistrées en 2025.

En un an, une cinquantaine d’enseignes ont disparu, souvent des marques vieillissantes. La concurrence des plateformes en ligne, combinée à un pouvoir d’achat sous pression, fragilise ces modèles. Le secteur est même sorti du top 5.

Certains repreneurs y voient toutefois des occasions de reprise à bas coût. L’approche exige alors une vraie expertise du marché.

Lire d’abord la solidité de l’enseigne

2026 s’ouvre sur un paradoxe. Les défaillances d’entreprises battent des records, plus de 68 000 sur l’année écoulée, quand la franchise continue de croître. Ce grand écart déplace la hiérarchie des risques pour un candidat. Le premier danger n’est plus le concept, mais la tête de réseau. Dans une phase de consolidation, une enseigne mature et financièrement saine protège mieux qu’une marque récente en quête de croissance rapide. L’âge du réseau comme le nombre de fermetures récentes sont des signaux à examiner.

Le contexte de financement pèse aussi. Les taux restent élevés, les banques prudentes. Un apport personnel inférieur à 30 % du budget total passe difficilement. Cette contrainte favorise les formats agiles, moins gourmands en capital. Le kiosque ou la cuisine sans salle abaissent le ticket d’entrée et accélèrent le retour sur investissement. Dans un secteur porteur mais déjà dense, ces formats réduits permettent souvent de se lancer là où un grand point de vente serait intenable. Dernier arbitrage, la dépendance réglementaire. Un secteur soutenu par un crédit d’impôt ou une aide publique offre de la visibilité, mais expose à un revirement budgétaire. La révision annoncée du soutien aux services à la personne le rappelle, dans un budget 2026 très contraint.

Le secteur porteur n’est donc qu’un point de départ. En 2026, la décision se joue ailleurs. Sur la solidité de l’enseigne d’abord, sur la maîtrise du capital engagé ensuite. C’est là que se gagne, ou se perd, la rentabilité.

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