Les brèves commerce de la semaine du 26 décembre 2025

Chaque semaine, nous vous proposons un petit tour d’horizon de l’actualité commerce. En quelques lignes, retrouvez quelques informations à ne pas manquer sur quelques sujets majeurs et les mouvements stratégiques du marché de la franchise et de la distribution. Ces brèves permettent de capter l’info essentielle, de garder le rythme sur les actualités majeures et d’aller plus loin avec nos articles complets : suivez le fil pour rester à la pointe de l’information retail !


Amazon dans l’alimentaire en France : entre obsession stratégique et résultats décevants

Depuis son entrée sur le marché des courses en 2015, Amazon n’a jamais caché son obsession pour l’alimentaire. Pourtant, le bilan est pour le moins nuancé. Malgré une position de numéro un du e-commerce en France avec 18,4 % de parts de marché global en 2025, le géant américain n’affiche que 6,1 % de parts de marché sur les produits de grande consommation en ligne très loin des acteurs historiques du drive et du e-commerce alimentaire. Contrairement au Royaume-Uni, à l’Allemagne ou à l’Espagne, Amazon n’a jamais lancé Amazon Fresh, son service de livraison de courses en France.

Pour contourner ce handicap structurel, Amazon a signé en 2018 un partenariat avec Monoprix, cherchant à s’appuyer sur une enseigne française disposant d’une offre produit solide et d’une clientèle CSP+ déjà familière du digital. Un choix pragmatique : Coopérative U et E.Leclerc avaient refusé toute alliance jugeant les conditions d’Amazon (notamment les commissions) trop gourmandes. Le partenariat avec l’enseigne Monoprix a progressivement pris de l’ampleur : lancé à Paris en 2018 avec 8 villes couvertes, il s’étend aujourd’hui à 30 villes françaises et propose jusqu’à 15 000 références à Paris.

Pendant ce temps, aux États-Unis, Amazon vient de tourner une page importante. En janvier 2026, l’entreprise a annoncé la fermeture de l’ensemble de ses 72 magasins Amazon Go et Amazon Fresh aux États-Unis, reconnaissant ne pas avoir réussi à créer une expérience client vraiment différenciante couplée à un modèle économique viable. Désormais, la stratégie physique se recentre désormais sur Whole Foods, avec plus de 100 nouvelles ouvertures prévues dans les prochaines années, le développement du format urbain Whole Foods Daily Shop, ainsi qu’un projet de super centre de 230 000 m² près de Chicago, attendu pour 2027. En parallèle, les ventes de produits frais via la livraison le jour même ont été multipliées par 40 depuis janvier 2025, signalant que le vrai terrain de jeu d’Amazon reste la logistique : pas le commerce de détail traditionnel.


Auchan attaque son bailleur : bataille autour d’un loyer divisé par deux sur fond d’arrivée de Lidl

À Montpellier, un bras de fer judiciaire inhabituel met aux prises Auchan Hypermarché et le propriétaire de l’entrepôt drive qu’il occupe avenue de Lodève. En cause : le niveau du loyer, qu’Auchan estime devenu excessif au regard de la réalité commerciale du site. L’enseigne réclame une baisse drastique : une division par deux du loyer actuel. L’hyper français invoque un argument de poids : l’ouverture prochaine de deux magasins Lidl à proximité immédiate. Toujours selon l’enseigne à l’oiseau, cette implantation dégraderait structurellement la valeur commerciale de l’emplacement et, par effet de ricochet, la rentabilité de l’exploitation du drive.

Face à cette offensive, le bailleur campe sur ses positions et refuse toute renégociation. Pour lui, un bail commercial signé engage les deux parties, et la concurrence de nouveaux entrants dans la zone ne saurait justifier une révision unilatérale du loyer. L’argument tient sur le plan juridique. En droit des baux commerciaux français, la dégradation de l’environnement concurrentiel n’est pas, en elle-même, un motif légal de révision. Saisi du litige, le juge a renvoyé les deux parties, laissant l’affaire ouverte.

Ce dossier dépasse le simple contentieux locatif. Il illustre une tension croissante dans la grande distribution : celle entre les engagements immobiliers de long terme et la réalité d’une pression concurrentielle qui redistribue les flux dans les zones de chalandise. Auchan, en pleine restructuration de son parc, cherche visiblement à alléger sa base de coûts fixes sur tous les fronts. L’issue de ce bras de fer pourrait faire jurisprudence pour d’autres exploitants en situation similaire.


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