Les brèves commerce de la semaine du 6 juillet 2026

Chaque semaine, nous vous proposons un petit tour d’horizon de l’actualité commerce. En quelques lignes, retrouvez quelques informations à ne pas manquer sur quelques sujets majeurs et les mouvements stratégiques du marché de la franchise et de la distribution. Ces brèves permettent de capter l’info essentielle, de garder le rythme sur les actualités majeures et d’aller plus loin avec nos articles complets : suivez le fil pour rester à la pointe de l’information retail !


Frais et surgelé : les spécialistes grignotent le terrain des généralistes

Le mouvement n’a plus rien de marginal. Picard, Grand Frais ou Mangeons frais captent une part croissante des dépenses alimentaires des ménages, sur des catégories pourtant historiquement centrales pour la grande distribution. Les chiffres posent le décor. Selon des études récentes, les produits frais traditionnels représentent 1 355 euros de dépenses annuelles par foyer en moyenne, soit près de 40 milliards d’euros, 26 % du budget alimentaire et DPH (Droguerie-Parfumerie-Hygiène). Leur poids dépasse la seule valeur : fréquences d’achat élevées, forte contribution au trafic en magasin, rôle déterminant dans la fidélisation. Du côté des circuits spécialisés, la dynamique est nette. 67 % des Français les fréquentent, pour 84 kg achetés par an. Le budget annuel s’établit à 553 euros, en hausse de 3 %, réparti sur 27 actes d’achat avec un panier moyen de 21 euros.

Derrière ces chiffres, une transformation des comportements. « Le consommateur fragmente ses courses. Il accepte d’aller dans plusieurs enseignes dès lors que la proposition de valeur est supérieure », observe Cédric Ducrocq, fondateur de Diamart Group. Là où l’hypermarché constituait un point d’achat unique, les ménages arbitrent désormais entre plusieurs circuits.

La recomposition s’explique en grande partie par les limites du modèle généraliste. « Les hypers ont traité le frais comme un rayon parmi d’autres, alors qu’il s’agit d’un métier de spécialistes », poursuit Cédric Ducrocq. L’écart se joue sur la maîtrise des filières, l’organisation des achats, le niveau d’exigence produit. Chez Prosol, partenaire et actionnaire du leader Grand Frais, certains acheteurs sont dédiés à une seule catégorie. Une profondeur d’expertise difficile à reproduire dans des organisations plus larges. L’enseigne multiplie la création de filières et se targue, selon les mots du président de Prosol, d’une « véritable obsession du goût ».


Boulangeries : les chaînes s’installent en concurrentes de la grande distribution

Aux entrées de ville, les chaînes de boulangerie ont changé de statut. Elles ne vendent plus seulement du pain, elles misent désormais sur la captation des flux. Le sujet travaille les Mousquetaires. « À un moment, on ne pourra pas avoir Grand Frais pour les fruits et légumes, Action pour le DPH, Marie Blachère pour le pain… et il restera quoi ? Soit on subit, soit on réagit », déclarait Thierry Cotillard lors de Franchise Expo. Le groupement a missionné ses équipes pour analyser ces modèles spécialisés et rencontrer plusieurs acteurs du secteur.

Le marché français pèse près de 16 milliards d’euros pour environ 34 700 points de vente, très majoritairement des indépendants. Les chaînes ne représentent qu’une part réduite du parc, moins de 10 %, mais captent 3,3 milliards d’euros. « En 2025, le secteur de la boulangerie a progressé au global de 18 %, après déjà + 11 % en 2024 », rappelle Bernard Boutboul, fondateur de Gira Conseil. La part de marché de la boulangerie chaînée est passée de 11 à 13 % depuis 2023. « Les chaînes continuent de progresser, alors que les artisans sont plutôt sous tension », observe Florence Berger, directrice associée chez Food Service Vision.

Le modèle repose sur la géographie ainsi que sur la transformation des usages. Périphérie, parking, accessibilité immédiate : tout est pensé pour réduire le temps de décision. Surtout, 55 % du chiffre d’affaires du secteur provient désormais de la restauration. « Les ventes de pain diminuent depuis plusieurs années. La seule manière de se développer, c’est la restauration », tranche Jean-François Feuillette. Le pain attire, le snacking rémunère. Marie Blachère domine avec environ 860 points de vente, devant Ange (300) puis Feuillette (une centaine). Un distributeur avertit toutefois : « Depuis un peu plus d’un an, les leaders du secteur ont vu leurs chiffres d’affaires à magasins constants stagner, puis commencer à régresser. » Le signe, selon lui, d’un début de saturation.


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